Journées d'études

Journées d’études le 5 et 6 février 2020
Bibliothèque de la Pérouse
15 Rue Dumont d'Urville,
29280 Plouzané
https://wwz.ifremer.fr/blp

Après un premier séminaire en mai 2019 “Les rencontres de Moulin-mer” au centre Nautique à Logona-Daoulas situé dans la rade de Brest qui nous a permis de démarrer le travail collectivement, nous organisons deux journées au Centre de documentation de la mer, la Bibliothèque La Pérouse, un rendez-vous d’étape dans le processus de production de chacun entamé depuis l’automne 2019.

Invités
Loïc Le Gall, directeur du Centre d'art Passerelle, Brest
IUEM/ifremer, biologistes
Vianney Pichereau
Charlotte Corporeau
Antoine Carlier

Programme
Mercredi 5 février
8H30 Départ de l’école en voiture pour Plouzané
9H00 -12H00
Présentation de l’avancée des projets de chacun
12H15 Déjeuner au restaurant universitaire de Plouzané
14H00- 17H00
Présentation de l’avancée des projets de chacun

Soirée
Centre d’art Passerelle (visite des lieux en montage d’expo) ou festival Longueur d’ondes
Diner aux Capucins

Jeudi 6 février
9H00 - 12H00
Discussion collective : projet de restitution-exposition
12H15 Déjeuner au restaurant universitaire de Plouzané
14H00- 17H00
Discussion collective : projet de restitution-édition

NOTES  D'INTENTION

Quentin Hidrio
BDSurMer
1. Je regarde cette partie du littoral périodiquement recouverte par les marées de vacanciers, un paysage littoral que cette population exogéne et le développement des activités balnéaire ont redessiné depuis plus de deux siècles.
Sur la plage,
sur leurs serviettes,
sur ces parcelles où ils consomment....
2. PariSM, association fetish BDSM (bondage-discipline, domination-soumission, sado-masochisme) française, organise chaque mois un Munch. Nés à San Francisco, ces repas se tenant dans une brasserie parisienne proche de la place République sont l’occasion de débats ouverts et informels qui réunissent pratiquants, néophytes et avertis pour échanger dans un cadre convivial. Tenue  (de jour) correcte exigée.
Sur le site de l’association, je lis «Mercredi 20 Juin 2018- Munch Dîner-Débat: Le BDSM à la plage, de nouveaux horizons?».
Puis parut comme chaque mois d’août le numéro «Sexe» des Inrockuptibles. Dans un article consacré à l’impact du mouvement MeToo dans le milieu BDSM, Pauline Verduzier raconte s’être rendue à ce Munch du 20 juin 2018:
«Ce soir-là, les participants listent les possibilités apportées par le paysage marin: les algues se transforment en fouet,  les coquillages en objets tranchants, les crabes en pince à tétons».
Tentative de prise de contact avec PariSM pour trouver un compte-rendu ou une trace de ces échanges. Aucune réponse, je n’en aurais pas non plus de la journaliste...
3. Mais un paysage s’est dessiné, une utopie BDSM localisée, une hétérotopie iodée et métallique, un espace de stress érogène dans un milieu protégé (ou un espace érogène protégé dans un milieu de stress?), intérieur nuit contre extérieur jour,
la serviette de plage et la serviette de bain,
contre-espace contre corps,
ici l’on s’enfile, et si on l’enfile?
Je vois cette partie du littoral périodiquement investie par des glâneurs hédonistes, un paysage littoral que cette micro-population exogéne requestionnerait. Sur l’estran, j’interroge avec eux le rapport de leur corps à l’espace, la serviette comme trame de sujets du paysage devenant objets de fantasmes, outils de plaisirs.
Sur l’estran,
sur leurs serviettes,
sur ces parcelles où ils se consument...
Quentin Hidrio est étudiant en Master2 design à l'EESAB-site de Brest

Coline Le Moine-Veillon
Le contexte m’intéresse. Un contexte favorable, un contexte défavorable, peu importe, car dans tous les cas, c’est ce qui construit toute chose. Comme chacun, je viens d’un contexte, que je résume à un périmètre de quelques kilomètres sur le littoral breton, bien qu’il soit doué de porosité. On y trouve des plages, une station balnéaire, un château gonflable, un casino, un bunker, un phare, des carrières de pierre, des zones artisanales ou encore une presqu’île surplombée d’une minuscule chapelle. C’est à partir de ces endroits que j’ai écrit un conte, le Conte de l’Insignifiant, dont le protagoniste au visage fait de miroirs reflète l’idée selon laquelle tout vivant est intrinsèquement lié à son milieu. Les différents points géographiques du périmètre se voient alors questionnés, et ainsi, les hypothèses suscitées m’auront menée à penser ce projet en terme de cover. Alors, de la même façon que l’on peut exécuter une cover de Wonderwall au theremin sans pour
autant en faire disparaitre l’originale, j’entreprends de faire des covers, des versions alternatives de chaque élément géographique du conte.
La première de ces covers se penchera sur le casino, ce monstre architectural venu de nulle part, théâtre de l’addiction et de l’impersonnel. Cette cover prendra la forme d’une installation et d’une performance dans un théâtre de verdure situé en retrait de la station balnéaire. Presque avec la tonalité d’une fête galante de Watteau, de nuit, apparaitra un mobilier pensé pour être
modulable et léger, comme une antithèse du casino d’origine. Ce seront des tentes, des sièges ou des tables, un bar, une machine de casino impliquant un gain systématique, mais d’une nature autre que financière. Et comme tout casino respectant les règles, je me dois d’y assurer la musique, je jouerai donc sur la scène de la clairière un album composé et enregistré à cet effet. Cependant, comme toute cover fait référence à son originale, un extrait du conte concernant le casino sera lu en préambule du concert. C’est un projet qu’il me faudra documenter, probablement à travers un film, par la présence d’éléments physiques dans l’espace, en rejouant cette performance, ou peut-être par d’autres moyens. Quoiqu’il en soit, mon souhait sera que l’on puisse en faire l’expérience sans vraiment y être allé.
Coline Le Moine-Veillon est étudiante en Master2 art à l'EESAB-site de Brest

Théo Sauvé
La mer se raconte des histoires qui la composent. La mer est regardée, sans cesse, on l’admire, on la respire, on la surplombe ou non. On la fantasme.
Je suis allé à Tanger.
Son passé en fait une ville internationale, trans-nationale, due à sa situation géographique.
L’architecture de cette ville raconte très bien ce passé, cette trans-nationalité. De quartiers en quartiers, on peut se sentir passer d’un pays à l’autre, d’un style architectural marocain, à un style français, espagnol, anglais, et moderne pour les nouvelles constructions.
Là-bas, les regards se portent vers la mer.
J’ai rencontré des personnes qui vivent à Tanger, Tangérois et autre.
Ils m’ont raconté des bouts de leur vie, qui ils étaient.
C’est cette diversité qui m’intéresse.
J’y ai cueilli des histoires personnelles, des films, des sons. Ma démarche se veut documentaire, je laisse ce qui m’entoure me parler, j’apprends le plus possible en regardant.
Dans ma pratique, j’aime associer des images. Créer des liens ou non entre ces images.
Pour ce projet, je vais travailler l’installation vidéo et sonore. Permettant de faire exister les différents points de vues de la mer ensemble.
Dans cette installation, viendraient se raconter des histoires écrites s’accompagnant de ce bout de mer, à partir de mes rencontres, de ce que j’ai vu.
A Tanger j’y ai vu une mer au travers le regard d’êtres humains.
Je m'intéresse à la poésie du quotidien, une poésie que nous nous fabriquons dans l'instant. Celle qui est alors d'autant plus propres à chacun. D'une certaine manière, face à l'océan, on la trouve cette poésie. Elle se fait de rêves, s'écrit avec le passé. Quand on se plonge dans un paysage, en quelques secondes, notre esprit nous sort du temps, pas totalement, mais un petit peu.
Montrer quelqu'un qui se plonge dans un paysage, c'est à la fois faire exister une poésie que ses yeux dessinent, à la fois la rendre inaccessible pour le spectateur.
Théo Sauvé est étudiant en Master 1 art à l'EESAB-site de Brest

Sylvie Ungauer
Ceci est l’histoire d’un être diasporique, c’est à dire hybride, au delà du genre, de la « race » et de l’espèce, vivant au bout de la mer. Cette Queer story est née là, où, en pleine confusion climatique, la mer déshabille la côte, là où le corps se couvre d’une combinaison pour habiter la mer, là où des objets et des humains échouent à marée basse. C'est aussi là où les biologistes rencontrent l’animal pour étudier son stress, quelques années avant la Vague... Quel corps alors pour habiter “A bout de mer” après la Vague? Avec un récit fantastique, d’une forme vivante, contre-utopique, qui assume le projet comme un constat du présent, je vais vous chanter cette métamorphose. C’est une Queer story imaginée avec la danseuse Linda Hayford, lors d’une action filmée, dans un espace construit à l’aide de plusieurs objets disposés, prêts à être « portés». Une scène, un film ?
J’ai écrit Queer story à partir d’un entretien avec Antoine Carlier, biologiste, chercheur à ifremer à Plouzané au sujet de son étude de la Crépidule fornicata gastéropode marin présent dans la rade de Brest, d’une rencontre avec Marie-Pierre, transgenre, ex-fabricante de combinaison de plongée. Dans les années 1970, le groupe Archigram du mouvement de l’architecture radicale, a prôné une vision non conquérante de l’aménagement du territoire et une recherche de préservation narrative du paysage. Aujourd’hui 50 ans plus tard, qu’en est-il de ce territoire où se construisent nos relations homme/femme/animal/végétal?
Sylvie Ungauer, artiste et enseignante à l’EESAB-site de Brest, conçoit des objets, des dessins, des situations, des récits où l’habiter se construit dans sa relation au corps et à l’architecture, à la géographie, à la mobilité et à la mémoire.

Lilian Froger
À partir de 1973, le groupe d’architectes radicaux américains Ant Farm commence à travailler sur le projet Dolphin Embassy, plateforme marine destinée à l’observation des dauphins et à communiquer avec eux grâce à des interactions prolongées. Alors que Doug Michels, l’un des membres du groupe, conçoit des maquettes de plateformes flottantes en Australie, Curtis Schreier et Chip Lord organisent en juin 1977 un séjour au Mexique devant servir d’essai sur le terrain. Pendant deux semaines, dix-sept participants (artistes, écrivains, musiciens, danseurs, réalisateurs, designers) cherchent à entrer en communication avec les dauphins, par différents biais sonores et technologiques : production de musique, enregistrement et diffusion de sons et de vidéos.
En prenant appui sur les archives du groupe Ant Farm conservées au Berkeley Art Museum and Pacific Film Archive, en Californie, je travaille à l’écriture d’un texte permettant de situer dans le contexte des années 1970 les expérimentations du projet Dolphin Embassy, et plus particulièrement ce séjour mexicain : les recherches scientifiques sur la communication inter-espèces, la présence du dauphin dans la culture visuelle des années 1960-1970, ou encore la question des langues sifflées comme modèle. Une version exposée de cette recherche reprendrait la forme de vitrines de documents qu’Ant Farm avait choisie pour son exposition The Dolphin Embassy : An Experiment in Interspecies Communication au San Francisco Museum of Modern Art en janvier-février 1977, avec la présentation de documents d’archives, de photographies et de livres tirés de la bibliographie établie par Ant Farm en 1977.
Lilian Froger est docteur en histoire de l’art contemporain. En 2018, il mène des recherches en Californie à l’aide d’une bourse à l’écriture de l’INHA et de l’Institut français. Il est actuellement chargé des collections de photographies contemporaines au musée d’art et d’archéologie d’Aurillac.

 Julie Chaffort
«HIVER » projet vidéo réalisé en Norvège sur le Fjord de Trondheim dans le couvent de soeurs
cisterciennes Tautra MariaKloster.

Réaliser un projet filmique de documentaire-fiction :
Partir vivre au monastère de Tautra Mariakloster afin d’affronter, le silence, le rituel, la
solitude, l’enfermement, la dévotion.
S’éprouver. Se risquer. Expérimenter.
Affronter un paysage, un climat, un lieu, un fonctionnement, une nature qu’on ne connaît
pas. Vivre avec ces femmes dont le temps est transformé en rites.
Etre dehors, affronter et vivre avec la neige, le vent, le froid, la pluie, la nuit.
Remplir (ou pas) l’espace vide. Etre absorbée par le paysage.
J’aimerais travailler sur la notion de chute.
Tomber – littéralement.
Etre à bout de force. S’effondrer sur la mer gelée.
J’aimerais élaborer avec Laureline Galliot une chorégraphie autour de la chute.
Travailler la lumière - qui sera rare à cette époque de l’année - être dans la pénombre,
entre chiens et loups, filmer à la tombée de la nuit.
Amener une tension palpable dans la mise en scène : que le corps endure le climat.
Être dans une sauvagerie. Rechercher la fracture dans le paysage.
Être en immersion psychiquement au monastère et être en mouvement physiquement
lors de la marche sur le Fjord, voici les deux lignes déterminantes du projet.
Aucun scénario ne serait écrit au préalable, le film se construira au fur et à mesure du
voyage, de la découverte, de l’expérience vécue, tel le film « Finisterrae » de Sergio
Caballero, laissant place à l’improvisation, aux rencontres, au vécu. Le projet s’élaborerait
tels des tableaux en mouvement.
Les musiques et les chants du monastère rythmeront les mises en scènes.
Julie Chaffort, est artiste et vit à Bordeaux. Ces vidéos mirent le paysage, le toisent et le parcourent ; on y croise des hommes au destin tragique et des héros aussi beaux que les chants qui les accompagnent – peut être pour en donner la mesure.

Léah Geay
Une aventure archéologique et numérique pour explorer l'avenir.
Sous forme de performance/conférence, je raconterai l'histoire de Second Life et de mon avatar dans un monde qui est, aujourd'hui, pratiquement abandonné. La performance se déroulera dans une scénographie inspirée d'objets et de décors que je récolterai sur Second Life.  Comme dans le monde réel le littoral attire les humains : ils s'approprient ce territoire plus qu'un autre pour y construire (avoir un terrain, trouver l'amour, vivre sa passion, gagner de l'argent, se faire plaisir) . Certaines côtes sont traditionnellement occupées par des plages paradisiaques de palmiers et de sable fin, d'autres sont plus étonnantes avec des objets et des structures étranges sortant tout droit de paysages de science fiction. Les résidents expérimentent ou ont expérimenté leurs vies et ont laissé la trace d'un idéaux à la fois individuels et communs.
Second Life est un univers virtuel en 3D sorti en 2003 par Linden Lab, où les utilisateurs (résidents) incarnent un avatar. C'est une société en ligne qui est entièrement façonnée par ses résidents et où chacun peut y trouver ce qu'il cherche. On peut y devenir n'importe qui, y faire des rencontres, rejoindre des groupes, jouer, construire, créer, gagner de l'argent ainsi qu'en dépenser. Il n'y a pas de but, juste celui de faire sa vie et d'en profiter. Dès que vous avez quelques Liden Dollars (monnaie de Second Life) les contraintes du jeu disparaissent et le sentiment de liberté devient immense.
De 2003 à 2007 Second Life est devenu un effet de mode avant d'être abandonné par plus de la moitié de ses résidents.
Leah Geay est une artiste issue de L’EESAB de Brest et diplômée en juin 2017. Se présentant sous la forme d’installations, sculptures, dessins et vidéos, son travail explore les dérives de notre société ainsi que la notion de l'être territorial et la manière dont il se constitue, s'invente et se déforme.

Thomas Pausz

Spacecoralia est un film d´animation numérique qui met en scène un écosystème inventé, inspiré de la symbiose des espèces sous-marines. Le monde de Spacecoralia se nourrit de recherches sur la biologie des espèces comme les diatomées (algues microscopiques) et les coraux et de dialogues avec des chercheurs dans ce domaine, notamment lors de visites à l'IUEM de Brest. Le film est également influencé par l'oeuvre du cinéaste Jean Painlevé. L'histoire se situe dans l'Oceanus Borealis, l'océan primordial de Mars aujourd'hui disparu. En déplaçant le film sur Mars et en réalisant un travail de "biologie spéculative", le film rejoint les expexpérimentations surréalistes de Jean Painlevé, notamment avec son texte "Neozoological Drama'- mais permet aussi un regard en miroir sur la beauté et la fragilité de l'océan terrestre. Le film est projeté sur un écran circulaire de diametre 120 cm et je souhaite rréaliser également des artefacts imprimés en 3D pour l'exposition en juin et peut-être une publication /journal de bord (fictif) du projet qui est en cours.
Our understanding of biological life is undergoing a revolution. We are slowly moving from a mechanistic model of biology based a competition between species for survival (neo Darwinism) towards an understanding that life is a complex collaboration between organisms, a co-evolution of multispecies ecosystems. This powerful idea of 'symbiotic life' demands a new imaginary, and our ideas about life Outer Space are no exception: to truly dream of an Other Earth, the current utilitarian projections and techno-fantasies must be decolonized.
Thomas Pausz, est designer vit en Icelande et dirige le Master en Design à Academy of The Arts de Reykjavik. Thomas contribue par son travail critique, ses expositions et publications aux débats centraux du Design contemporain tel que la place de l'humain dans l'environnement.

Camille de Singly
Ma première intervention au séminaire de mai de Moulin Mer revenait sur l’histoire de la fascination de l’homme pour les coquillages. Sur place, un échange informel avec les chercheurs de l’IFREMER Vianney Pichereau et Charlotte Corpereau m’ouvre une perspective inattendue, vers une direction que j’avais volontairement mise de côté, celle des algues. Je découvre que les femmes bretonnes ont pu, au XIXè siècle, constituer des « alguiers » - l’équivalent pour les algues des herbiers autour desquels j’avais alors commencé à construire un projet pédagogique à l’école des beaux-arts de Bordeaux. Plusieurs éléments viennent par la suite renforcer et préciser ce nouvel axe de recherche, l’ancrant sur des terres qui m’importent – celle du projet, Brest et la Bretagne, et celle de l’origine de la redécouverte de la mer, l’Angleterre. Tout d’abord, la découverte que le premier ouvrage photographique sur les algues, British Algae, a été fait en cyanotype très tôt dans l’histoire de la photographie, en 1843, et par une femme anglaise, Anna Atkins. Puis, un échange avec Sylvie Ungauer me rappelle que les algues ont longtemps été ramassées en Bretagne pour devenir de l’engrais et un matériau de chauffage, et étaient l’enjeu de luttes économiques et territoriales. La correspondance avec un contemporain qui voit paraître, la même année (2019), l’Alguier imaginaire de la designer Constance Guisset chez Albin Michel Trapèze, fascinée par la beauté d’une collection d’algues des années 1950, et la bande dessinée Algues vertes d’Inès Leraud et Pierre Van Hove qui revient sur le fléau contemporain des algues vertes associé au développement d’une industrie agroalimentaire bretonne, apporte l’éclairage manquant. Ce contraste extrême entre représentation abstraite du réel et travail concret, entre les bijoux cyanotypiques d’Anna Atkins et les photographies du ramassage à la main du « goémon » nourrissier, entre les belles images de Guisset et ces marées vertes et nocives débordant sur les côtes face à l’indifférence économique et politique contemporaine.
Docteure en histoire de l’art contemporain, Camille de Singly est professeure d’histoire de l’art et du design à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Bordeaux. Critique d’art et commissaire d’exposition, elle a créé et préside Documents d’artistes Nouvelle-Aquitaine (www.dda-aquitaine.org).

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